Mardi 27 septembre 2011
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La Chronique n° 18 de Nicole Esterolle
Voici un tout petit extrait du texte de cinq pages bien tassées (dont l’une vous est jointe) que Thierry Raspail, le Directeur de la Biennale d’Art Contemporain de Lyon vient
d’écrire pour la préface du catalogue de cette manifestation, qui a pour titre « une terrible beauté est née »:
« La plasticité des
faits d’histoire, comme celle des œuvres quelles qu’elles soient, et qu’elles s’espacent dans le temps ou non, délimite un cadre, une configuration et des périphéries, qu’il est vain d’énoncer a
priori. (…) Mais à cette histoire, il faut bien un début, car avant d’être un qui (playlist), l’exposition est un comment. Qu’est-ce qu’un début ? s’interrogeait Louis Althusser avant d’étrangler
son épouse (…) Comme l’histoire générale, mais pour un temps seulement, l’exposition doit pouvoir tracer sans trahir les propriétés combinatoires d’une morphologie définitivement conjoncturelle,
sans passé ni avenir, au présent. Et contenir en prélude (ce qui interdit au « savoir constitué », comme à la « certitude des choses », à la « pensée readymade », à la « structure » et au «
fondement »), d’imposer un type, fut-il « idéal (Weber), un modèle, (un telos), et contenir, ce qu’à défaut de mots nous empruntons à Carlos Ginsburg, « des éléments impondérables » : le flair,
le coup d’oeil, l’intuition. »
Je vous soumets cela, car j’aimerais
savoir si je suis la seule, à ressentir le caractère absolument abscons, insensé, délirant, complètement halluciné ou explosé du dedans, de ce texte, dont on se demande si son auteur n’a pas trop
fumé la moquette et ne va pas bientôt manger son chien, sa sacoche ou la plante verte de son bureau. J’aimerais savoir aussi si je suis la seule à détester le caractère éminemment anxiogène de
l’épais catalogue où ce texte figure , avec sa sinistre mise en page toute en noir et sa ligne graphique façon pièces d’archives du KGB, avec ses articles optiquement illisibles et
intellectuellement foutraques, avec ses terrifiantes images pourries, ses cinq pages entièrement blanches, ses doubles pages de cercueils, d’entrée de cimetière ou d’intérieur de bouche aux dents
fracassées, avec cette poisseuse complaisance pour les misères du monde, avec cette obsession permanente du questionnement sans fond sur le réel ou sur l’histoire, avec cette compacité inouie de
négatif, de morbide et de désenchantement… Bref, savoir si je suis la seule donc, compte tenu de ce pathos catastrophile ou nécrophile, à m’inquiéter sur les chances de survie sur cette terre, de
l’art, de l’humanité, des animaux et des plantes vertes.
Car enfin, cette Biennale n’a rien
d’une inoffensive amusette de quartier, c’est une énorme machine de guerre médiatique qui est devenue l’emblème de notre vitalité culturelle nationale (pas étonnant d’ailleurs, qu’avec cette
réussite planétaire, son directeur, parvenu au paroxysme de boursoufflure de son ego, puisse se permettre impunément de faire preuve d’ une telle effervescence langagière et d’une bouillie
rhétorique qui lui serait fatale dans tout autre domaine. Il paraît d’ailleurs, qu’au mieux de son exaltation mégalomaniaque , il lui arrive de grimper sur son bureau pour hurler comme Tarzan en
se frappant la poitrine). Car la Biennale est une colossale usine à gaz culturel. Elle fait la fierté des édiles locaux. Elle coûte je ne sais plus combien de millions d’euros à la région, à la
ville et aux sponsors (Dont les casinos Partouche au fameux slogan: « la culture pour tous, partout, Partouche »). Elle emploie des centaines de personnes. Elle occupe avec ses manifestations
annexes des centaines de lieux dans les zones prioritairement défavorisées des alentours. Elle fait venir des trains entiers de journalistes transbahutés logés-nourris et encadrés pire qu’en
URSS. Elle se paie quatre pages centrales dans le Monde signées par la dream team de la critique d’art française : la fameuse triplette Dagen -Lequeux - Bellet, etc., Je m’inquiète donc de cette
croissance exponentielle d’un contenant qui semble ne pouvoir se faire que par diminution accélérée de la possibilité de retour d’un contenu positif, vivant, sain, senti, pensé, coloré,
travaillé, inventé, généreux, prospectif, aimable à voir et qui élève l’âme….
Je m’inquiète de voir politiques et
journalistes, tous ensemble piégés dans un même mécanisme incontrôlable, honteux parfois de ne rien pouvoir faire et dire pour réguler cette emballement de l’inepte, qui ne leur fasse risquer de
perdre leur rôle et attribution dans cette même mécanique décérébrée.
Mais je me réjouis en voyant le Conseil Régional proposer en ses magnifiques locaux tout neufs ,
cette exposition intelligente et gaie de peintres de la tendance Lowbrow et Pop-surréalistes, en contre point de cette biennale stupide et triste, et comme pour se faire pardonner le soutien
obligé qu’il apporte à cette dernière. (Et je vous joins aussi cette belle image du Pop surréaliste Tom Schorr, qui pourrait opportunément s’intituler « Tarzan, la honte de la jungle »)
Vous pouvez par ailleurs suivre l’actualité toujours passionnante du schtoumpf émergent sur la scène artistique internationale en
allant sur le site : www.schtroumpf-emergent.com Ce site vient d’être remodelé pour mieux accueillir vos réactions et commentaires. (Cette
chronique est envoyée régulièrement à 9000 chroniqueurs, diffuseurs d’art et décideurs institutionnels en France)
BRAVO ! Marre de ce snobisme culturel , et de ces élucubrations soi disant branchées .
Il fût un temps où certains ont été enfermés chez les fous pour moins que çà ...
Triste monde qui met en avant la connerie , et ne sait pas reconnaitre ses vrais artistes , et pourtant il y en a ...
A supposer que l'auteur du texte abscons du catalogue comprenne ce qu'il écrit, après tout pourquoi pas, c'est peut être un adepte de Derrida ou autre penseur inaccessible pour le commun, mais au moins doit-il se rendre compte ainsi que les éditeurs du catalogue que l'immense majorité des lecteurs ne comprendra strictement rien à ce texte. Alors pourquoi le publier dans le contexte d'une biennale qui se veut grand public?
Ne conforte t'on pas l'idée qu'il y a quelque chose de très compliqué à comprendre dans l'art contemporain, réservé à une élite? Qu'il faut se contenter d'admirer les oeuvres avec respect, sans comprendre? Et peut être surtout que les prix hypertrophiés de ces oeuvres trouvent leur justification dans une supposée haute valeur intellectuelle?
Je pense que ces discours abscons constituent le paquet cadeau pour des oeuvres creuses considérées par la bourgeoisie comme des placements financiers.
Quant à ce goût pour le morbide il coïncide avec le développement de la misère dans nos sociétés et la manière dure avec laquelle les classes dirigeantes entend traiter cette situation, une façon d'esthétiser la répression sociale et donc de la rendre plus acceptable.
Il est effectivement inquiétant que l'art officiel s'entoure d'irrationnalité et se complaise dans le morbide.
"Comme l'histoire générale,mais pour un temps seulement,l'exposition doit pouvoir tracer sans trahir les propriétés combinatoires d'une morphologie définitivement conjoncturelle,sans passé,ni avenir au présent."
Ce petit texte de Thierry Raspail directeur artistique de la biennale d'art contemporain de Lyon
Interessant n'est il pas ???
Comme disait un peintre célèbre
"Dans l'art moderne ils nous prennent pour des cons,il vaut donc mieux le paraitre pour ne pas l'etre"